Les animaux

On peut voir au Muséum une collection impressionnante d’animaux. Elle compte des mammifères, des poissons, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens et des invertébrés.

La galerie des mammifères est la plus ancienne salle du muséum, et aussi la plus grande. Elle compte plus de 200 spécimens naturalisés. Cette galerie, comme une grande partie du Muséum, montre l’évolution des idées scientifiques et la façon de les présenter au public. Ce lieu permet de comprendre la progression des connaissances scientifiques des XIX ème et XX ème siècle. Les vitrines de gauche sont présentées selon la classification du XIX ème siècle, chacune représentant une famille de mammifères. Dans les vitrines à droite les spécimens ne sont plus présentés par famille mais au sein de dioramas réalisés à partir de 1900. Certains de ces dioramas mettent en scène plusieurs espèces d’un même milieu naturel, tandis que d’autres présentent les membres d’une même famille dans leur environnement. On possède quelques informations sur l’acquisition de certains de ces mammifères. Tout d’abord le gorille des plaines de l’ouest, qui fut abattu une nuit de 1871 par deux chasseurs en expéditions au Gabon, pensant être agressés par un inconnu. Ce n’est que le lendemain matin qu’ils découvrirent le corps de leur prétendu agresseur, qui n’est autre que le gorille des plaines exposé au Muséum. L’éléphanteau d’Asie lui venait de la ménagerie de la foire Saint Romain, dont il s’échappe durant l’hiver 1911 et il mourra de froid sur l’île Lacroix. Naturalisé par le taxidermiste du Muséum, il est intégré aux collections en 1916. Les lions proviennent également de la ménagerie de la foire Saint-Romain qui durant la Première Guerre mondiale, n’ayant plus de quoi les nourrir les fit euthanasiés, avant qu’ils ne soient rachetés par le Muséum en 1917.

La galerie des poissons, reptiles et amphibiens présente environ 200 poissons exposés sur leurs socles, parfaitement conservés, bien qu’ayant entre 100 et 150 ans. La galerie présente également des crocodiles, des tortues, des serpents et d’autres animaux rares comme le cœlacanthe, une espèce préhistorique que l’on croyait disparue. Les poissons, comme les reptiles et les amphibiens sont très difficiles à conserver dans les présentations muséographiques. Ils sont souvent présentés dans des bocaux remplis d’alcool, mais très vite, les spécimens peuvent perdre leur aspect d’origine. Au cours d’un voyage au British Museum en 1845, Pouchet, rapporte une nouvelle technique de présentation en 3D des poissons qu’il teste dès son retour à Rouen. Grâce à cette méthode et aux améliorations qui l’ont suivie, les spécimens présentés au Muséum ont pu conserver tout leur éclat.

La galerie des oiseaux, ouverte il y a plus de 150 ans a bénéficié des progrès réalisés dans les domaines de la conservation, de la restauration et de la taxidermie. Les collections du Muséum de Rouen comptent plus de 12 000 spécimens naturalisés. Inaugurée en 1845 cette galerie des oiseaux s’est notamment enrichie grâce à des donateurs publics et privés. C’est ainsi que le Muséum s’est vu offrir des oiseaux de Normandie par le Muséum de Paris, la prestigieuse collection ornithologique du comte de Slade ou encore les oiseaux d’Antarctique ramenés par le naturaliste Louis Gain lors de l’expédition du Charcot (1908-1910). Dans la seconde moitié du XIX ème siècle, le Muséum de Rouen rayonnait même dans la littérature : la collection de nids du Muséum est décrite par l’historien Jules Michelet dans L’oiseau (1956), et l’oiseau Loulou décrit par Flaubert dans Un cœur simple (1877) n’est autre qu’un perroquet d’Amazonie emprunté au Muséum.

La salle des invertébrés regroupe les animaux qui ne possèdent pas de squelette interne. En tout, ce sont plus de 100 000 espèces qui sont conservées par le Muséum. De nombreuses maquettes pédagogiques datant de la fin du XIX ème siècle permettaient aux étudiants et visiteurs de comprendre l’anatomie d’animaux difficilement observables. Ces maquettes entièrement démontables ont été réalisées en carton-pâte, bois et plâtre. Les vitrines présentent un grand intérêt historique et scientifique dans la mesure ou chaque spécimen est porteur d’information sur son lieu et sa période de prélèvement. Cela permet au scientifiques d’aujourd’hui de s’interroger sur des questions telles que l’évolution des milieux, l’impact des hommes ou encore le réchauffement climatique. La vitrine des crustacés en est un exemple puisque les crustacés exposés ont été prélevés sur les côtes normandes au XIX ème siècle. Aujourd’hui, certains spécimens n’existent plus, ou seulement sous une taille réduite, principalement du fait de la pêche intensive.

Au sein de ces expositions on trouve aussi un tout petit espace dédié à la tétralogie, à proprement parler la science des monstres ; c’est à dire l’étude des êtres vivants qui présentent d’importantes malformations. Il y a 150 les spécimens monstrueux étaient étudiés pour comprendre la formation des embryons. La tétralogie a d’abord été perçue comme une « curiosité malsaine », avant d’entrer dans le cadre des sciences naturelles.

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